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Accompagnement des Hauts Potentiels Intellectuels ou Zèbres

Pourquoi les thérapeutes devraient se former à l’accompagnement des surdoués ? Pour reconnaitre des caractéristiques propres à leur fonctionnement afin d’avancer sur les choses importantes.
Quand un zèbre vient me voir et me dit : »Je suis comme si, je suis comme ça, je ne suis pas comme les autres, mes amis me disent, ma mère me dit… »
Ok ok, on met tout à plat, on considère ce qui est « normal » pour un HPI et on avance sur les priorités, c’est à dire, déployer ses ailes, trouver du sens dans sa vie et surtout arrêter de vouloir rentrer dans une petite boite carrée quand on est plutôt rond !

 

Intensité – Complexité – Urgence à Agir 

 

Et encore …

Sur les relations amoureuses : « Ne pas démarrer au quart de tour quand on n’est pas d’accord. Prendre un temps de pause et se taire 21 secondes pour laisser passer la bouffée d’agressivité  » . »L’élaboration verbale du HPI agacé peut faire très mal ».

 

 

 

Formation Certifiante Access Bars

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C’est dimanche, qui se laisse tenter ? Il reste une place. Et si pour une fois vous choisissiez d’investir en vous et pour vous ?
Le dimanche 3 mars à PERTUIS (84).

Une journée pour découvrir la magie d’Access Consciouness en apprenant le premier processus corporel : Les Barres.
32 points énergétiques sur le crâne pour déblayer les limitations, croyances, les verrous émotionnels, les barrières, les jugements et auto-jugements. Pour tout simplement s’ouvrir à un champ des possibles plus grand !

Au centre Remini’Sens de Pertuis avec Laetitia Merli et Véronique Mayans.

Access bars: Il s’agit d’un processus de libération par un ensemble de touchers légers sur la tête, une séquence de 32 points qui permet d’éliminer la charge émotionnelle et énergétique des pensées, croyances et émotions. Un grand nettoyage, l’énergie circule, les idées parasites sont évacuées et l’esprit « s’ouvre », comme si le cerveau profitait d’un grand RESET général. Les répercussions positives sur notre bien-être psycho-émotionnel et physique sont notables, telle une sensation de lâcher-prise et d’apaisement, ainsi qu’une plus grande créativité.

Plus d’information ici https://therapiesluberon.com/access-consciousness/

Devenir praticien :
La formation certifiante – dimanche 3 mars 2019

Une journée (c’est court, mais intense !)
Présentation de la méthode
Apprentissage du protocole Access Bars® en le recevant et en le donnant deux fois.

Découverte d’autres outils d’Access Consciousness®‎, à utiliser au quotidien pour créer votre vie avec toujours plus d’aisance.

Vous repartez avec votre certificat et pouvez pratiquer sur vos proches, ajouter cet outil à votre boite à compétences ou démarrez une nouvelle activité en tant que Praticien.ne Access Bars.

Nota : vous avez la possibilité de devenir vous-même facilitateur, en suivant 3 fois cette journée de formation avec 3 facilitateurs différents.

Une classe co-faciltée par deux facilitatrices :

Laetitia Merli, facilitatrice Access Bars vient co-faciliter le protocole « Access bars consciousness » ! Après une carrière en anthropologie, spécialiste du chamanisme en Mongolie, Laetitia se consacre aux disciplines psychocorporelles et énergétiques.

Véronique Mayans olfactothérapeute et également facilitatrice Access Bars, dans le Centre Remini’Sens à Pertuis.

Toutes les informations sur le site de Laetitia Merli :
https://therapiesluberon.com/formation-certifiante-access-bars/

Inscription par mail ou téléphone :
Laetitia Merli : ciamerli@yahoo.com // 06 16 06 86 34
Véronique Mayans 06 13 41 58 25

Tarif de la journée de formation
300 € la journée (Facilités de paiement)
150 € si journée de révision

Et si le monde n’était que la manifestation de nos points de vue !
Et si tu étais vraiment toi, que ferais tu de ta vie ?
Découvre quelle est TA réalité et choisis cette direction !

Laetitia Merli

Hypnothérapeute / Sophrologue
Access Bars Consciousness
Thérapeute Psycho-corporel
06 16 06 86 34


Demain le chamanisme

Demain le chamanisme.

 

LONGCOURS Magazine

Numéro Six – HIVER 2012

Texte de Laetitia Merli

Anthropologue spécialiste du chamanisme en Asie du Nord et des thérapies psycho-corporelles. Réalisatrice de documentaires. Prépare actuellement un film documentaire/étude ethnologique sur le chamanisme en France.

Une figure exotique.

Les voyageurs ont de tout temps rapporté dans leurs bagages des récits de leur rencontre avec « l’autre et l’ailleurs ». Parmi ces rencontres, une figure s’est dessinée, construite au fils du temps et des imaginaires ; personnage sauvage et mystérieux : le chaman. Selon les disciplines et les époques, le chamanisme a été modelé et transformé dans les perceptions occidentales. Perçu comme une sorte de « religion diabolique » à la fin du XVIIème siècle, le chamanisme a connu diverses interprétations jusqu’à nos jours, où la dernière tendance serait plutôt à l’expérience mystique et au développement personnel. Les neurosciences s’y intéressent de près et font de la transe chamanique un outil incontournable des nouvelles études sur le cerveau. La figure du chaman n’incarne plus, désormais, la marginalité et la folie, mais au contraire la sagesse et la connaissance. De la contre-culture des années soixante-dix à la déferlante New Age des années 1990-2000, le chamanisme s’est popularisé voire installé de façon durable dans nos mythes occidentaux post-industriels. Il n’est plus envisagé comme un système de représentations et de croyances indigènes à étudier (ethnologues) ou à combattre (missionnaires, régime soviétique) mais comme un ensemble de pratiques universelles et originelles, adaptées à notre vingt-et-unième siècle. Aujourd’hui, le chamanisme est décomplexé et appréhendé dans la sphère de l’Alternatif en terme de spiritualité, thérapie, mode de vie ou philosophie. De plus, le développement des moyens de transport et de communication, la facilité d’accès de certaines régions jusqu’alors isolées et leur ouverture au tourisme, favorisent les échanges interculturels, permettent aux Occidentaux d’aller sur le « terrain » rencontrer cet « autre » chamanique, mais aussi aux chamanes du monde entier de venir en Occident partager leurs savoirs et enseignements. Globalisation oblige.

 

Mais qu’est ce que le chamanisme ?

On devrait parler de chamanismes au pluriel tant les pratiques que nous regroupons sous ce terme sont diverses et variées. Le terme même de çaman nous vient des Toungouses de Sibérie orientale propagé dans le reste du monde par les Russes à partir du XVIIème siècle. Le terme « chamane » francisé du russe a été adopté par les Occidentaux et appliqué à des traditions diverses à travers le monde. On a ainsi qualifié de « chamanes » des individus décrits auparavant comme sorciers, guérisseurs, devins ou sages chez les Amérindiens, en Afrique, en Océanie et même en Europe. Les graphies chaman, chamane ou shaman s’utilisent en français bien que seul « chaman » soit dans le dictionnaire, mais on parlera ailleurs de medecine man, de cuanderos et autres.

Les idées chamaniques constituent un ensemble de pratiques, d’actions et de croyances qui répondent à une logique partagée par de nombreuses populations dans le monde. Cette logique implique un rapport particulier de l’homme à son environnement visible et invisible et à d’autres mondes parallèles, une conception de la personne composée de plusieurs âmes (ou énergies) et l’établissement d’un contrat avec les entités de ces autres mondes. Le principe d’alliance entre les différents mondes place le chamane au cœur du système en tant qu’intermédiaire entre les humains et les entités spirituelles de tout ordre. C’est lui qui va intercéder auprès des forces surnaturelles pour apporter chance et prospérité aux humains qui lui en font la demande et qui souhaite se protéger, se guérir, favoriser leur succès à la chasse, faire prospérer leur entreprise… Grâce à son voyage chamanique, le chamane va négocier avec les entités, essayer de les maîtriser pour s’en faire des alliés, dans l’idée d’une harmonie et d’un équilibre entre les humains et les non humains.

Le chamane est le spécialiste de la communication rituelle et volontaire, médiateur symbolique entre le monde des réalités ordinaires et le monde des réalités « autres ». Il est dans l’action : soit il convoque ses esprits auxiliaires, c’est à dire ses esprits alliés dont il s’est rendu maître lors de son initiation, soit son âme part en voyage les rencontrer dans leur propre monde. Les deux manières peuvent coexister. On parle alors d’un double mouvement centripète et centrifuge, caractéristique du chamanisme nord-asiatique. D’une part, dans un mouvement centripète le chamane laisse entrer en lui-même (par les aisselles, par la bouche en baillant ou par la fontanelle) des entités diverses : esprits, ancêtres, esprits animaux, divinités qui vont parler par sa bouche, donner des messages à l’assistance et d’autre part, dans un mouvement centrifuge, une part de sa personne s’étend vers d’autres mondes, dans un espace lointain, où il va se confronter aux entités. Intériorité, extériorité.

La distinction entre l’éventuelle possession du chamane par les esprits ou la possibilité du voyage de son âme pendant la transe fait toujours débat. Mais en général, la possession est perçue comme un état passif au cours duquel un esprit est censé s’emparer du corps d’un adepte considéré comme sa “monture” ou son “épouse”, alors que le chamane se met lui-même en transe pour aller au devant des esprits. Même si les esprits peuvent aussi venir à la rencontre du chamane, celui-ci ne perd jamais le contrôle de la situation. Le chamane joue lui-même du hochet ou du tambour et se met lui-même en transe, alors que le possédé est accompagné par des musiciens et se laisse emporter par les rythmes. On dit alors que le chamane est “musiquant” tandis que le possédé est “musiqué”.

Les techniques de soin sont très disparates d’une société à l’autre, et même d’un chaman à l’autre. Là aussi, intériorité et extériorité marquent deux modes opératoires distincts. Les chamanes amazoniens soignent souvent par succion et crachat et agissent sur l’intérieur du corps en provoquant des expériences de rêve et d’hallucinations par l’ingestion de psychotropes. Les chamans Shipibo du Pérou, par exemple, consomment du tabac et de l’ayahuasca pour purger leur corps, acquérir des capacités de vision et décupler leurs perceptions sensorielles. Les chamans asiatiques, au contraire, dédaignent la consommation de psychotropes et considèrent qu’un vrai chamane doit être doté d’une « racine chamanique » héréditaire. Ses pouvoirs doivent s’extérioriser dans des objets et des gestes manifestant la rencontre avec les esprits. Lors des rituels, toute la force des chants, des costumes qui virevoltent et du tambour qui résonne tendent à restituer cette rencontre directe avec les esprits dans le monde visible, extérieur. L’art du chamane met en place une riche panoplie d’objets et de gestes qui font percevoir visuellement et auditivement à ses patients ce contact direct que le chamane, et lui seul, entretient avec les esprits. Les percussions du tambour produites par le chamane vont lui ouvrir les portes de l’Autre monde dans lequel il va voyager, affronter divers obstacles rencontrés sur son chemin, gravir des montagnes, traverser des rivières… Le rythme du tambour raconte l’histoire qui est en train de se dérouler dans le monde chamanique, il est le reflet sonore des péripéties du chamane. Les percussions vont se faire de plus en plus violentes si la négociation est rude et si les esprits se mettent en colère. Le chamane tape des pieds, bondit, se démène comme un forcené, en hurlant des cris d’animaux, en faisant tournoyer son tambour tout en le frappant de plus en plus fort, dans des espaces souvent réduits et saturés de fumée d’encens sous les yeux d’une audience parfois tremblante d’émotions devant un tel spectacle. Ses accessoires : tambour, costume, coiffe, bottes sont des objets animés de la présence d’esprits. Fabriqués en fourrures, plumes, dents, griffes, bois, végétaux, les attributs du chamane racontent sa singularité et son ambiguïté, toujours à la frontière des mondes, il est le lien entre l’humain et l’animal, entre la sphère domestique et le lointain sauvage. Il fait don de soi pour sa communauté en incarnant les puissances obscures auxquelles les autres humains n’ont pas accès. C’est parce qu’il a été choisi (le plus souvent) par les esprits et initié que le chamane a accès à l’autre monde. Le commun des mortels ne s’y risquerait pas.

Un des thèmes privilégiés du chamanisme est la crise ou maladie initiatique que subit le chaman lors de ses premiers contacts avec les esprits. La « maladie » est une période d’initiation et d’instruction pendant laquelle le futur chamane prend contact avec ses esprits auxiliaires. Quel que soit le type de recrutement, il faudra que l’apprenti chamane soit reconnu par un chamane confirmé pour pouvoir exercer. En Sibérie, si un individu devient chamane par quête volontaire, il ne sera jamais considéré comme un grand chamane. Au contraire en Amérique du Nord, la quête de vision volontaire est le moyen par excellence pour devenir chamane. Chez les Daurs de Mongolie intérieure, par exemple, la crise initiatique est une véritable métamorphose interne du chamane. La maladie physique et mentale peut durer plusieurs années, jusqu’à une crise ultime où le novice se voit lui-même en train de mourir, mangé par les esprits, démembré et forcé d’accepter comme nouvelle âme celle d’un esprit chamane ancêtre. Reconstitué physiquement par les esprits, acceptant sa nouvelle condition et acceptant consciemment les esprits, l’initié se rétablit et peut commencer sa nouvelle existence. Ce thème du démembrement et de la reconstitution du chamane par les esprits est courant en Sibérie et Asie du Nord. Le thème général de la mort et de la résurrection du chamane, qui acceptant de mourir, devient chaman est répandu dans tous les chamanismes. Pour les chamanismes avec prise de plantes psychotropes, la crise ultime et déterminante peut venir d’une vision de sa propre mort, c’est à dire d’une hallucination si réelle que le novice perçoit, ressent et voit comme s’il était dans cette réalité. C’est finalement quand il accepte de mourir qu’il renait à la vie, transformé par l’expérience, sa perception du monde en sera changée pour toujours.

La folie du chamane :

Depuis le début du XIXème siècle, les chamanes sont décrits comme hystériques, à moitié fous et on pensait que leur recrutement se faisait parmi les individus les plus psychologiquement instables. De nombreux chercheurs ont revendiqué que la première expérience du chamane (l’appel) est une maladie dont on attend la guérison. La schizophrénie a souvent été associée à la “folie” chamanique à cause de la similarité des crises où les individus sont victimes de terribles hallucinations : voix, visions colorées et délirantes ou visions d’horreur qui plongent l’individu dans l’effroi. Les psychiatres ont vu là un nouveau sujet d’étude, mais n’ont retenu que la psychologie du chaman hors contexte culturel laissant de côté toute la symbolique des rituels, des offrandes, des enjeux sociaux…

L’initiation est alors considérée comme le processus de guérison et peut être comparé à la notion de “reformulation du labyrinthe” de Wallace (1961), c’est à dire à la réorganisation de sa propre conception du monde. Selon Wallace, le chamane souffre d’une crise d’identité profonde et le processus d’initiation qui lui permet d’accéder à une fonction socialement acceptée, lui évite de sombrer dans un état de totale schizophrénie. D’autres suggèrent que l’initiation du chamane est parallèle à l’expérience thérapeutique en ce sens qu’elle brise les structures rigides de l’ego pour les reconstituer. Ces différents auteurs sont d’accord pour dire que “le chamane est un fou guéri”, sous-entendant qu’il se guérit lui-même dans son apprentissage. Devereux, par contre, pense que le chamane est toujours un malade car il n’a pas accès aux causes profondes de ses conflits. Il est contre l’idée d’une normalité relative qui s’équilibrerait dans un contexte culturel accueillant. D’après lui les conflits internes du chamane sont à l’origine de sa vocation et son initiation n’est en aucun cas une thérapie définitive. Au contraire, la transe et le contact avec le monde des esprits montrent que ses troubles persistent et sont le moyen d’une continuelle auto-thérapie.

 

Dans la plupart des sociétés chamaniques, pourtant, le chamane apparaît plutôt comme parfaitement intégré au groupe. Il en est même le ciment, l’intermédiaire qui permet de régler les conflits, de réunir la communauté pour les rituels. Il est le gardien des traditions, celui qui connaît les chants et mythes, les généalogies et les ancêtres qui font l’identité culturelle du groupe. De plus, son comportement et ses visions sont totalement acceptés culturellement. S’il était déviant d’un cadre traditionnel, il serait rejeté par sa communauté, qui l’épie et guette ses faux pas. Le choix d’un nouveau chamane est une grande responsabilité, c’est à lui que la communauté confie sa santé et sa prospérité. Le chamane doit faire preuve de force mentale et physique pour sortir indemne de sa crise initiatique et pour supporter les souffrances de l’apprentissage extrêmement sévère (jeûne, abstinence sexuelle, isolement…). Cette fonction n’est pas à la portée de tous. Il lui faut aussi de nombreuses compétences intellectuelles et artistiques pour ses prestations où il met en scène les esprits, les mythes, où il chante, joue du tambour, écoute et conseille ses patients.

 

Fin psychologue, artiste génial ou schizophrène le chamane est un personnage ambigu. Pour comprendre le phénomène dans son ensemble, on ne peut réduire le chamanisme au chamane et à sa transe. Ce serait oublier que le chamane est au service de sa communauté, qu’il reçoit des patients, soignent des malades, résout des conflits. La séance chamanique est une interaction entre le chamane, son ou ses patients et des entités surnaturelles. Le tout formant un système de communication et d’alliance.

 

Est-ce que ça marche ? :

Quand on considère la large répartition géographique du chamanisme et son ancienneté dans l’histoire des peuples, on peut se poser la question de l’efficacité de la cure chamanique. Tout en restant objectif, dans l’ensemble, les résultats sont positifs. Les sociétés ne font pas perdurer dans l’histoire et leur développement des processus inutiles. Si le chamanisme est si populaire, si répandu et qu’il s’est perpétué depuis la nuit des temps, c’est qu’il répond à une certaine demande.

Les systèmes de croyances chamaniques proposent des thèses particulières expliquant les maladies et les malheurs, donnant un ordre à l’univers où tout est relié dans un processus de cause à effet. Les incidents de la vie, mêmes minimes ne sont pas considérés comme des épisodes normaux. Ils sont des désordres qu’il faut réparer. C’est cette conception des événements qui rend le chaman indispensable, en tant que réparateur du désordre et maître des forces mystérieuses, culturellement connues et acceptées, responsables des troubles. La transe est auto-orchestrée par le chamane et met en scène un triple niveau d’interprétation : elle est à la fois autodrame pour le chamane qui relate ses aventures dans l’autre-monde ; psychodrame pour son patient en attente de guérison et sociodrame pour l’assemblée qui s’investit émotionnellement dans le récit chamanique qui a pour vocation de soigner et rétablir la santé comprise comme une harmonie entre le monde des hommes et celui de la nature dans une interaction globale.

Claude Lévi-Strauss (1958) compare le chamane au psychanalyste dans le sens où les deux utilisent le double mécanisme du transfert. Ils agissent en médiateurs sur lesquels le malade projette ses conflits, les deux cures visant à provoquer une expérience. Lévi-Strauss prend comme exemple un texte chamanique Cuna récité lors d’un accouchement difficile. Il montre comment le chamane, par son chant effectue un voyage mythique, mais en même temps physiologique, car le mythe se déroule à l’intérieur du corps de la malade, dans son vagin et son utérus, afin de dissoudre les tensions et débloquer la situation. Par ce long chant rythmé, la malade se laisse porter par les paroles qui mettent en scène l’intérieur de son propre corps et lui font se représenter, symboliquement et en images, les troubles qui la font souffrir. Par l’appel au mythe, le chamane va replacer ses douleurs dans un ensemble où tout se tient. L’expérience salvatrice réside dans la réception du mythe social, dans lequel le chamane agit en héros. Il affronte les mauvais esprits à la place du malade. En ce sens il est un médiateur symbolique, qui endosse les souffrances et la maladie et par ses conseils et prédictions, prend la responsabilité des décisions délicates à prendre.

Comme en psychanalyse, le patient, par la médiation de son thérapeute, fait remonter à sa conscience des tensions enfouies, qui une fois à la surface, peuvent se dénouer librement. La formulation des conflits intérieurs sur un plan de communication partagée, aboutit petit à petit, à leur résolution. Le chamane, dans son acting chamanique, met en scène des épisodes de vie ou des stéréotypes de drames et problèmes divers dans lesquels le malade prend conscience de sa propre place dans le système de représentations. On peut voir les esprits comme des projections mentales, extériorisant les troubles psychologiques intérieurs et enfouis. Par exemple, les esprits onggor chez les Daurs, ne représentent pas seulement des esprits d’ancêtres, ils sont de véritables complexes de scénarios de vies avec leur lot de malheurs, de maladies et de stéréotypes humains : la femme stérile, la femme insatisfaite, le suicidé, le malade grave… L’évocation, par le chamane, de leur biographie d’ordre mythique, montre un éventail des malheurs possibles dans lesquels le malade peut se retrouver, se reconnaître. Il ne se sent plus à part et “anormal” dans son malheur. Le discours du chamane le replace dans un ordre accepté par lui et sa communauté.

Le chamane écoute ses patients et répond par la divination. En instaurant le dialogue sur le mode de la transparence, puisqu’il est censé tout savoir, le chamane fait advenir la parole. La séance chamanique, par l’intermédiaire de la communication avec les esprits permet surtout la communication entre les hommes.

 

Le chamane se présente également comme un animateur social en ce qu’il agit, lors des rites de divination, de guérison ou de thérapie, en connaisseur du contexte de tensions interpersonnelles et interfamiliales de sa propre société, et en connaisseur des mythes de son peuple. La mythologie a une place importante dans le chamanisme, elle lui donne son cadre conceptuel, partagé aussi bien par le chamane que par sa communauté. Elle est le langage commun qui permet d’apaiser les tensions et de restituer les problèmes personnels dans un cadre plus large. Là aussi on peut penser que les mythes évoluent avec la société et s’adaptent aux contextes. Les nouveaux mythes parlent de “business” et de dollars, de problèmes de drogue, de délinquance, de divorce et de tous les problèmes qui font nos sociétés modernes, occidentales autant que non-occidentales. Les mythes sont des concentrés des valeurs à l’honneur dans chaque société. Dans le chamanisme, ils agissent comme des gardes fous, indiquant les limites à respecter et le bon comportement à adopter pour éviter les troubles. Souvent le chamane intervenant pour réparer un désordre, agit en moralisateur, il indique la marche à suivre pour rétablir l’ordre.

Il a été observé qu’avec des malades Nord-amérindiens ayant suivi des traitements psychiatriques en cliniques modernes, les résultats étaient meilleurs avec l’intervention d’un medecine-man traditionnel. Le malade étant pris en charge par sa culture, faisait l’expérience d’un choc émotionnel et prenait conscience d’appartenir à une communauté, ils se voyaient re-socialisés par ces cérémonies communautaires. A Oulan Bator, dans les années qui ont suivi l’effondrement du bloc soviétique, de grandes cérémonies collectives ont permis aux participants de se regrouper autour du chamane pour régler leurs problèmes personnels, mais aussi pour retrouver un sentiment identitaire. Dans ce monde chaotique en transition, ils pouvaient retrouver des valeurs traditionnelles pour se reconstruire. Avec la modernisation et les progrès scientifiques, de nouvelles idées sont valorisées et de nouveaux éléments sont ajoutés dans les représentations populaires qui s’intègrent parfaitement aux croyances. Les nouveaux chamanes des sociétés modernes, mongoles, péruviennes ou chinoises ont adopté les découvertes scientifiques dans leur représentation du cosmos et de la nature humaine. Il n’est pas étonnant non plus que les nouveaux chamanes s’envolent dans des soucoupes volantes ou par avion plutôt que sur des cervidés.

 

Demain le chamanisme.

Désormais, les tambours retentissent des appartements parisiens aux forêts de nos campagnes. Des feux sont allumés, de la sauge est brûlée, des chants jaillissent dans la nuit. Le chamanisme a pris sa place, à la ville comme à la campagne ; une nouvelle génération de chamanes français a vu le jour. Ni ringards, ni marginalisés, au contraire, plutôt en vogue et dans l’air du temps, les nouveaux chamanes assument leur choix de parcours ; il sont plutôt jeunes urbains et branchés. Ils actualisent un bricolage religieux qui reprend le vieux fond de croyances populaires français en matière de gestion du mal et de guérison et d’un fond traditionnel exotique tout aussi ancien mais remis au goût du jour qu’ils vont chercher ailleurs, en Asie ou aux Amériques. On peut penser qu’il existe une mode du chamanisme et en parler comme du dernier gadget New Age, mais à y regarder de plus près, dans les médias et la publicité, l’omniprésence du spirituel à déjà gagné notre société en profondeur et, semble-t-il de façon durable. On ne peut nier une tendance générale à l’écolo-spirituel qui s’est imposée d’elle-même au fil des années. Les quêtes de visions, tentes de sudation, cercles de tambours ou autre stage d’extraction de mauvais esprits ont fait leur apparition aux catalogues des séjours bien-être et de développement personnel comme n’importe quelle Thalasso ou stage de yoga. Les chamanes ont leur site Internet et tout un réseau s’organise et se tisse sur la toile.

 

Le chamanisme n’est pas vécu, comme une survivance du passé, mais au contraire comme un présent en marche, un avenir en train de se faire, au cœur des tendances individuo-globalisées. Le chamanisme est hypermoderne, post-exotique. Il fait la synthèse des imaginaires collectifs spirituo-mystiques actuels. Les grimoires de nos campagnes côtoient désormais les thankas tibétains et les plumes d’aigles des chamans mongols ou sioux. La France accueille régulièrement des chamans du monde entier lors de festivals ou autres manifestations qui se mêlent en toute sympathie à des chamans français ; chacun n’hésitant pas à adopter de nouvelles techniques. La France compte deux associations principales : Le premier, le Cercle de sagesse de l’union des traditions ancestrales regroupent des chamanes issus et initiés de traditions chamaniques particulières (celtes, mayas, amérindiennes, sibériennes…) et organise son festival à Dole dans le Jura. Le deuxième, le Cercle de sagesse chamanique pour l’émergence d’une nouvelle conscience, définit le chamanisme de façon plus étendue et prend en compte le pouvoir créateur et artistique de ses membres et invités, sans s’attacher précisément à une tradition chamanique spécifique. Son festival a lieu chaque année, à Trimurti dans le Var. Au départ, en 2007 un seul cercle de sagesse chamanique existait et ses chamanes ont mis en place les fondements d’une charte du chamanisme en France dans un manifeste qu’ils ont coécrit. Puis, le cercle s’est scindé sur fond de conflit d’opinion, certains voulant limiter le chamanisme aux traditions reconnues et les autres voulant ouvrir le chamanisme à plus de thérapies et de pratiques artistiques.

L’engouement que connaît actuellement le chamanisme en occident, peut s’expliquer par la liberté de culte que propose ce système de croyances. Sans cadre dogmatique, ni institution rigide, en opposition avec les religions à prêtre et hiérarchisées. Le chamanisme attire l’homme moderne de plus en plus individualisé, qui se veut libre de ses opinions et de ses actes. La figure du chamane est elle-même symbole de liberté, marginalité, sexualité ambiguë. Il voyage hors de son corps et expérimente le rêve éveillé, effaçant toutes les barrières physiques et morales, fantasme du pur esprit libéré des contraintes matérielles. Il participe d’une nouvelle forme de spiritualité ayant fait des emprunts à de nombreuses cultures indigènes dans la volonté de renouer avec une certaine conception de la nature et du cosmos, et de redonner du sens à la vie occidentale et moderne en crise d’identité et d’idéologie. Des huttes de sudation des indiens Lakota aux drapeaux tibétains à l’effigie des chevaux de vent, les campagnes françaises se sont colorées d’un exotisme globalisé mais aussi de traditions nationales renouvelées (celtes, normandes, corses, méditerranéennes) qui nourrissent les nouvelles mythologies entre quête individuelle et prise de conscience planétaire. Introspection, expansion.

 

Les peuples qui ont souffert des persécutions prennent leur revanche aujourd’hui, quand ils voient des étrangers du monde entier venir s’intéresser à leurs croyances prétendument archaïques. Aujourd’hui le chamanisme connaît un renouveau planétaire aussi bien chez les peuples chamaniques de tradition, où officiellement il avait disparu, que chez les Occidentaux qui se l’approprient. Les peuples à chamanes qui ont connu la colonisation ou la soviétisation et qui redécouvrent leurs traditions, revendiquent le chamanisme comme marqueur culturel et en même temps sont réconfortés dans la valorisation de leur culture puisque les étrangers sont de plus en plus nombreux à s’y intéresser. Loin de passer pour des incultes ou des sauvages, les chamanes et chamanistes de la planète se retrouvent idéalisés (fantasmés) par une certaine population occidentale qui vient de loin apprendre d’eux ce que quelques décennies plus tôt d’autres Occidentaux tendaient plutôt à dénigrer. Dans un processus d’offre et de demande, les Occidentaux en quête de spirituel, de sensationnel ou de médecine alternative encouragent les autochtones à partager leurs pratiques, à développer toujours plus d’infrastructures pour les accueillir et finalement, influencent les autochtones dans leur façon de pratiquer le chamanisme et dans leur manière de vivre en général. Le tourisme chamanique a déjà trouvé sa niche dans de nombreuses sociétés à chamanes. Certains chamanes traditionnels qui avaient toujours vécu dans la forêt amazonienne ou dans la Taïga mongole se retrouvent aujourd’hui à voyager entre Paris, Londres et Genève, découvrent le pouvoir de l’argent et ne se promènent plus qu’avec une cohorte de disciples du monde entier. Les deux mouvements sont en interaction : Le chamanisme se développe à grande échelle car la demande venant de l’Occident augmente et en même temps, de plus en plus d’Occidentaux viennent au chamanisme car l’offre « traditionnelle » se diversifie. Il devient aujourd’hui très facile d’aller faire un stage chamanique au Pérou, en Mongolie ou au Mexique. Les chamanes traditionnels eux-mêmes veulent cette ouverture pour une meilleure harmonie sur la planète et entre les peuples, une prise de conscience écologique, un meilleur respect des ressources naturelles… Mais, la tendance est telle que désormais, des réserves amérindiennes ont interdit l’accès des « Blancs » à certains rituels. Les autochtones y voient une nouvelle colonisation. Dima, en République de Touva, ne veut plus initier d’Occidentaux. Il se plaint du manque d’engagement de ces touristes du spirituel, qui viennent, prennent et repartent sans considérer que le chamanisme est une voie dans laquelle on s’engage à vie, qu’il n’y a pas de marche arrière possible. « Ils viennent essayer le chamanisme, ils s’amusent à faire les chamanes. Mais c’est n’importe quoi ! Le chamane doit être prêt à mourir chaque fois qu’il soigne quelqu’un. On donne notre vie sans retour possible, on ne peut pas jouer au chamane ! »

 

La conception moderne et occidentale du chamanisme pour soi développé par Michael Harner   fondateur à la fin des années 1970 de la Foundation for Shamanic Studies qui prône un core shamanism, c’est à dire un chamanisme essentiel, dépouillé de toutes contingences culturelles n’a plus grand chose à voir avec le chamanisme traditionnel. Un ensemble de techniques psychocorporelles expérimentés et éprouvées sont enseignées lors de séminaires, de festivals ou de rassemblements chamaniques un peu partout en France, en Allemagne et en Suisse. Les stagiaires sont initiés au voyage chamanique mais on leur explique que jouer du tambour eux-mêmes et se concentrer sur leur transe est trop compliqué. C’est donc le chaman organisateur du stage qui joue du tambour pour une vingtaine d’élèves allongés au sol en totale immobilité. La conception même du voyage chamanique au tambour est alors complètement dénaturée. Les différentes techniques retenues comme le voyage chamanique au tambour, la rencontre avec les animaux de pouvoir, l’extraction et le recouvrement d’âme, techniques assurément efficaces dans une perspective de développement personnel, sont codifiées et en quelques sorte rigidifiées, pour un apprentissage en masse. Là encore, la différence avec le chamanisme traditionnel est de taille puisqu’on part du principe que tout le monde a accès au voyage et à la rencontre avec les esprits, alors qu’ailleurs, seul le chamane voyage entre les modes. Les adeptes sont invités à mettre en pratique des techniques déjà reconnues pour faire des expériences chamaniques afin d’apprendre des choses sur soi et donner du sens au monde et à la vie. Le principe est de faire voyager la conscience pour entrer en communication avec les esprits, énergies, forces ou entités conçues comme porteuses de savoir. Dans le chamanisme occidental, que ce soit avec ingestion de plantes dites « enseignantes » ou transe induite par les percutions du tambour, une place de taille est donnée aux états modifiés de conscience conçus comme des espaces-temps parallèles, niveaux de conscience différents, champs énergétiques autres, dans lesquels ce contact avec les entités est possible. Les messages venant de guides spirituels ou directement de la Nature (Terre-Mère) conçue comme entité primordiale participent à un mouvement planétaire pacifique, enclin à l’Amour Universel, au respect de la nature et des animaux. Ces visions sont perçues comme des perceptions amplifiées d’une autre réalité et non comme des hallucinations, elles donnent des informations concrètes sur la manière de gérer sa propre vie ou le monde. On parle alors d’enseignements qui viennent directement de la plante, des anges, de la Terre-Mère, d’entités diverses ou de la Source, entité originelle. Les visions issues d’autres plans de conscience ont fait émerger un art dit « visionnaire » qui peu à peu prend sa place dans les galeries.

 

Pour en revenir à la transe.

L’histoire de Corine Sombrun, pianiste-compositrice française, devenue aujourd’hui chamane et écrivain, ouvre de nouvelles perspectives. Corine explique comment elle est devenue chamane malgré elle et ne s’attendait pas à partir en transe alors qu’elle assistait à un rituel chamanique en Mongolie en 2001. C’est bien cette première expérience de transe sous l’effet des percutions du tambour du chamane en train de faire son propre rituel qui a été déterminante. D’année en année, elle a été initiée par une chaman mongole et a poursuivi son apprentissage de la maitrise de la transe. En Mongolie, où elle se rend toujours régulièrement, elle est reconnue comme Udgan, chaman mongole. Depuis le jour où elle a tapé sur son premier tambour et hurlé comme le loup qu’elle voit en vision, elle est passée par différentes phases d’adaptation de sa pratique. Enkhetuya, la chaman mongole lui a donné des clefs qu’elle a su ajuster à ses propres conceptions du monde. Aujourd’hui, elle réussit à entrer en transe sans tambour ni costume et se prête volontiers à des expériences scientifiques. Après s’être transformée en loup pendant des années, là voilà en souris de laboratoire ! Et les découvertes sont passionnantes.

L’équipe du professeur Flor-Henry de l’Alberta Hospital d’Edmonton au Canada a étudié le cerveau de Corine en état de veille normale tout d’abord, puis en état de transe. Ils ont constaté qu’elle ne souffrait d’aucune pathologie en état normal, mais ont découvert que les tracés de l’encéphalogramme en état de transe, étaient ceux d’une personne souffrant de schizophrénie, de troubles bipolaires et de dépression grave. Les trois pathologies d’un seul coup ! Et retour à la normale, en dehors de la transe. Ce qui stimule les chercheurs est de pouvoir observer un aller-retour entre des états normaux et pathologiques, dans le même cerveau dans un intervalle de temps assez bref et d’envisager un éventuel aller-retour dans l’autre sens. Si on arrive à identifier ce processus entre état normal et état pathologique, serait-il possible d’envisager que des personnes atteintes de troubles pathologiques retrouve un état sain ? Pour l’instant aucune conclusion ne peuvent être tirées de ses expériences si ce n’est une observation des zones du cerveau activées et notamment la confirmation que la transe active fortement les zones sensorielles perceptives, c’est à dire une stimulation des cinq sens et de l’intelligence perceptive. Ces conclusions, même balbutiantes, prouvent déjà, et c’est une avancée énorme, que le chaman n’est pas qu’un acteur mimant une action culturellement codifiée, mais que la transe a une réalité physiologique et cérébrale tangible. Ces dernières années, il a également été démontré que l’entrainement régulier à la méditation pouvait s’observer objectivement dans le cerveau et même qu’une certaine élasticité du cerveau, permettait à celui-ci de se modifier selon les habitudes de son propriétaire. D’autres recherches ont montré que les percutions du tambour, du hochet ou de la guimbarde, comme certaines techniques du corps permettent cet accès à un état de conscience modifiée. Les bienfaits psychiques et physiques de ces techniques sont à l’honneur dans de nombreuses publications qui enfin admettent que l’esprit peut soigner le corps et que la détente du corps apaise l’esprit… et vice versa. Le chamanisme en Occident, participe de ce nouvel état d’esprit, il a influencé depuis longtemps le développement de thérapies telles que les constellations familiales, l’Art-thérapie et aujourd’hui, il s’immisce dans les thérapies dites de troisième génération comme la méditation, la pleine conscience, l’hypnose ericksonienne et la sophrologie. L’éventail des outils thérapeutiques s’est élargi car les possibilités se diversifient, les mentalités changent, la science dite « dure » se ramollit, les certitudes s’assouplissent et la demande en matière de spirituel augmente. Grandit aussi le nombre d’Occidentaux qui souhaitent vivre plus en harmonie avec la nature, ne font plus confiance à l’industrie pharmaceutique, ni à l’industrie agro-alimentaire et veulent privilégier leur bien-être à leur carrière. On peut penser et il est à souhaiter que l’homme d’aujourd’hui ayant libéré son corps des entraves de l’éducation, de la religion ou de la morale puisse expérimenter ce qui lui étaient jusqu’alors interdits ou inaccessibles et puisse enfin courir dans les bois, embrasser les arbres, hurler comme un loup et découvrir par lui même que les états induits par certaines techniques peuvent lui faire du bien, à lui-même et pourquoi pas, à la planète. Une nouvelle ère a débuté, lentement, mais sûrement et durablement.

Demain, tous chamanes ? Peut-être pas, mais en tous cas le chamanisme est bien présent en Occident et offre de nouveaux possibles.

A quand le tambour remboursé par la sécu ! à suivre !

 

Pour en savoir plus :

Claudine Brelet, Médecines du Monde, histoires et pratiques des médecines traditionnelles, Collection Bouquins, Robert Laffont, Paris, 2002, 925 pages.

Christian Ghasarian, Explorations (néo-)shamaniques en terra incognita de l’anthropologie. In La conscience dans tous ses états, Ed. Sébastien Baud et Nancy Midol, Masson, 2009.

Charles Stépanoff et Thierry Zarcone, Le chamanisme de Sibérie et d’Asie Centrale, Découverte Gallimard, 2011, 127 pages.

Petit Exposé sur le stress et ses mécanismes

Le dictionnaire Larousse définit le stress comme une « Réponse de l’organisme aux facteurs d’agression physiologiques et psychologiques ainsi qu’aux émotions (agréables ou désagréables), qui nécessitent une adaptation. Cette réponse physiologique normale au départ peut devenir pathologique lorsque le système d’adaptation est « débordé ». Le seuil d’épuisement de cette adaptation est variable d’une personne à une autre, chacune étant chargée de sa propre histoire.

Le stress peut être considéré comme une réaction du corps aux contraintes et changements de notre environnement. Cet enchainement de réponses physiologiques sous l’effet d’un stress est tel que le corps tout entier se mobilise dans un ultime instinct de survie. De manière naturelle et équilibrée, le stress est positif. Si la réaction est adaptée, il est le moteur de vie qui nous anime. Il s’agit d’un processus global et dynamique qui nous permet de nous adapter aux diverses sollicitations extérieures et de répondre aux motivations qui nous incitent à agir pour nous dépasser. Sans stress, Homo Sapiens n’aurait jamais pu survivre au froid, à la faim, au danger des bêtes féroces… On parle alors d’un stress de fuite ou de combat (fight or flight response). Mais aujourd’hui dans bien des cas, il nous est impossible de passer à l’action. Il faut alors « encaisser », « prendre sur soi »… et là réside une partie du problème, la réponse au stress sans action physique est potentiellement dangereuse pour la santé. Henri Laborit, biologiste français a étudié ce qui se passe quand la personne ne peut ni dominer la situation, ni la fuir : ce qu’il a appelé l’ « inhibition de l’action ». Cette « paralysie situationnelle » a-t-il démontré conduit à des désordres neuro-psycho-immunologiques.

Hans Selye, considéré comme le père fondateur du concept de stress, décrit dès 1936, à partir d’études menées sur des animaux, la réaction hormonale qui permet de maintenir l’équilibre de l’organisme face à un danger. Il désigne cette réaction sous le terme de « syndrome général d’adaptation ».

Le syndrome général d’adaptation est décrit en trois phases qui se succèdent dans le temps :

  • La phase d’alarme au cours de laquelle l’organisme mobilise ses ressources pour faire face à l’agression, avec une libération d’adrénaline et de cortisol. Le corps est en alerte et se prépare à l’action. C’est une réaction de survie. Lors de cette phase la résistance de l’organisme est momentanément affaiblie.
  • S’ensuit une phase de résistance où l’organisme augmente ses défenses face à l’agent stressant et met tout en œuvre afin d’entreprendre les actions appropriées. C’est l’ensemble des réponses biologiques qui permettent au sujet d’endurer l’épreuve dans le temps. (exemple sportifs, non ressenti de la douleur…)
  • La phase d’épuisement correspond à la défaillance des capacités d’adaptation et traduit l’épuisement des surrénales en glucocorticoïdes. Les mécanismes de réaction ayant fonctionné à plein régime ont entraîné une déperdition d’éléments biochimiques ainsi que des désordres métaboliques et physiologiques. Face à tant de réactions en chaîne mal gérées, l’organisme s’épuise tout simplement.

Hans Selye propose de distinguer un bon stress (eu-stress) d’un mauvais stress (dis-stress) quand l’épuisement de nos capacités à gérer la réaction au stress (trop intense ou trop prolongé) abouti au déséquilibre et à la maladie.

La sophrologie va pouvoir travailler directement sur toutes les composantes du stress. Pas seulement sur la détente et la respiration mais aussi sur ce qui touche aux causes profondes, aux signes et aux réactions face à l’agent stressant. Pour le Stress dit de « réponse physiologique » comme l’a décrit Selye, induisant un état de relaxation, l’entrainement sophrologique va diminuer l’activité du système sympathique et les décharges d’hormones, travailler sur la fréquence cardiaque, la tension artérielle et la fréquence respiratoire, et diminuer ainsi l’anxiété, l’angoisse et le stress.

La sophrologie permet aussi de se projeter dans l’avenir et d’élaborer des projets personnels face aux circonstances stressantes. Elle permet d’amortir l’impact émotionnel du stress. La confiance en soi, l’estime de soi, la confiance en la réalisation de ses projets sont renforcées, intégrées, programmées dans le projet de vie de l’individu. Grâce à un travail sur les valeurs, la sophrologie va permettre aussi d’aborder la composante existentielle du stress, d’agir sur l’existence même de la personne confrontée au stress.

Principe de somatisation positive : Si l’on part du principe que les émotions négatives ont des répercussions réelles sur le corps, palpitations, sueurs, boule dans le ventre, mains moites et autres, il faut alors considérer que le contraire est de la même manière possible et que l’évocation d’images positives, de souvenirs agréables et de bouffées de bonheur même juste mentalisées apportent son lot de positif au niveau du corporel et du biologique.

« Ce qui trouble les hommes ce ne sont pas les choses,

mais les jugements qu’ils portent sur les choses. »

                                                                              Épictète

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le chamanisme aujourd’hui !

cropped-2018-02-01.jpgvia Hypnose et Respiration au Tambour

 « Le Voyage chamanique au tambour : Des traditions mongoles aux thérapies du troisième millénaire . »

de Laetitia Merli

Dans le chamanisme occidental, riche de multiples cosmologies syncrétiques, hybrides et multiculturelles, l’apprenti se construit son propre monde par une succession d’interprétations de ses expériences cognitives, perceptuelles et somatiques qui le fabriquent en tant que « chaman ». Les stages, initiations et diverses expériences tendent à la fabrication de ce corps chamanique, pour soi et au regard des autres, capable de se mettre en contact et d’interagir, dans une relation volontaire et maitrisée, avec l’invisible, mondes-autres vécus comme extérieurs ou intérieurs à soi, parallèles, subtils ou faisant partie d’une intériorité élargie. Cet article propose une approche somatique (qui passe par le corps) du voyage au tambour dans le chamanisme occidental et questionne son apport aux thérapies modernes, et, au-délà d’un bien-être individuel et tout singulier, questionne de façon plus globale l’ouverture à des réalités subjectives et virtuelles capables de créer de nouveaux « territoires existentiels » (Guattari).

Le voyage au tambour est caractéristique d’un chamanisme Nord-asiatique (Sibérie-Mongolie) que l’on va d’ailleurs nommer « chamanisme à tambour » en opposition à un « chamanisme à psychotropes » utilisant des plantes pour ouvrir les perceptions (ayawasca, peoytl, iboga…). Le voyage est en principe celui du chamane qui chevauchant son tambour comme une monture, va dans l’autre monde à la rencontre des esprits avec lesquels il va négocier la chance, la santé et la prospérité de ses clients. En Mongolie, le chamane confirmé est appelé « chamane à cheval », celui qui a un tambour, version avancée du « chamane qui marche à pieds », c’est à dire celui qui joue de la guimbarde en attendant de recevoir officiellement son tambour des mains de son maitre initiateur. Le rôle du tambour est central dans le chamanisme nord-asiatique, l’objet est respecté : on ne saurait le poser au sol, le bousculer, ni le prêter, il est « animé » donc vivant pour ceux qui s’en servent, il est monture, vaisseau, moyen de transport… une longe est dessinée sur son flanc et des chevrons indiquent la colonne vertébrale de l’animal. Dans sa partie creuse, il est réceptacle des entités et objets invisibles, dont le chamane fait l’extraction, déblaye et nettoie son patient, il s’en sert comme d’un récipient qu’il ira vider au loin ou qu’il fait mine de jeter par la porte de la yourte. En contact direct avec les entités spirituelles qui vont l’aider dans sa mission, le chamane va volontairement dans leur monde négocier au mieux les intérêts de ses patients. C’est cette habilité, contrôlée et maitrisée du voyage volontaire et autonome qui fait du chamane l’intercesseur privilégié entre les mondes. Son pouvoir vient de cette faculté à voyager à sa guise et à s’ouvrir à des perceptions que les autres n’ont pas. La peur qu’il suscite aussi : toujours à la marge, entre le visible et l’invisible, la transe qui lui ouvre les portes de la perception est vue comme transgressive, sauvage et libre, donc potentiellement dangereuse pour l’ordre établi.

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Le son du tambour est la porte du monde invisible. Les percussions sont les appels du chamane et les messages des esprits, les vibrations sont bénéfiques et curatives. Le chamane joue littéralement du tambour sur ses clients qui sont enveloppés, touchés, traversés par les vibrations de la peau d’animal tendue. Cette peau plus ou moins travaillée selon les cultures qu’il faudra chauffer au feu pour la retendre, renforce l’aspect vivant de l’objet. Le tambour sonne différemment, même parfois faux comme un vieux carton, selon l’humidité du lieu mais quand la peau est bien tendue et chauffée, la vibration a une réalité tangible qui se ressent très profondément dans le corps. Ces effets somatiques ne peuvent pas être rendus par des enregistrements ou compositions New Age, car il s’agit autant de sons que de vibrations, de percussions que d’ondulations énergétiques qui se perçoivent dans l’espace et dans les corps.

Costume, objets, tambours, chants, percussions, tout le décorum, artefacts et performances sont justement là pour matérialiser cette communication avec l’autre monde des non-humains ; tout cela consiste à rendre visible l’invisible, à prendre conscience de cette autre dimension, la concevoir, lui rendre un culte et cristalliser dans ces actions et objets des intentions particulières (prières, vœux, engagement, parcours initiatique, vécu personnel). Ces artefacts sont « intentionnels » et évolutifs, loin d’être fixés dans leur production, ils sont en perpétuelle construction et raconte l’histoire du chamane, sa biographie mais aussi le processus même de son initiation. Ils sont donc esthétiquement connotés et pourtant à chaque fois uniques puisqu’ils représentent la carte d’identité du chamane. Ce n’est pas un objet biographique, mais véritablement un objet hagiographique co-construit avec les entités spirituelles et les divers contacts et communications engagés avec l’autre monde. L’objet chamanique n’est pas dissociable d’un parcours singulier, d’une narration qui met en scène le parcours initiatique du chamane, ses visions, ses rêves, ses ancêtres, ses souffrances… Donc en terme d’écriture, ces artefacts sont en soi des narrations. Ces objets que j’appelle « artefacts intentionnels » sont produits intentionnellement dans un cadre thérapeutique ou initiatique dans lequel l’agent fabricant insuffle de ses prières, mais aussi de son parcours : Objets intentionnels qui condensent les intentions du chamane, sa vie, son œuvre et le processus de son initiation, l’objet devient objet mémoire de toutes les expériences vécues dans le corps et extériorisées : on donne corps au sacré, et devient art-thérapie, objet transfert de l’expérience…

Dès les années 1960, des études scientifiques sont entreprises : Andrew Neher dans son article « A physiological explanation of unusual behavior in ceremonies involving drums », relate des expériences menées en laboratoires autour des stimulations auditives et visuelles, soit avec des percussions soit avec des stimuli de lumières flash (Neher, 1962). Il note que l’on peut activer de larges zones d’unité sensorielles autant avec des tambours qu’avec des lampes flash en stimulant l’oreille ou la rétine en rythme. Un seul battement de tambour comporte plusieurs fréquences, donc plusieurs battements « enveloppent » la personne dans un bain de fréquences multiples qui vont agir à des niveaux différents. Pour lui, d’après les expériences en laboratoires, ce n’est pas le rythme qui compte, car si on utilise un clic ou un ton unique les effets sont peu probants. Le tambour avec ses multiples fréquences touche une aire plus large dans le cerveau, les stimulations touchent plusieurs nerfs et se faufilent plus largement. Le battement de tambour comporte des fréquences basses qui affectent moins l’oreille et permettent une excitation plus longue sans douleur ou dommages pour l’organe que si c’était des fréquences hautes. Les expériences en laboratoires montrent que les mêmes effets sont attendus avec des stimulations lumineuses : activité électrique augmentée dans le cerveau ; perceptions inhabituelles, contractions musculaires chez certains, mouvements du corps… et les résultats des expériences qui avaient été faites à partir des stimulation lumineuses sont étendues aux stimulations avec tambour. En 1949, Gardner and Lucklider montre que l’activation de zones sensorielles par stimulation avec des flashs lumineux, diminue la transmission de la douleur au cerveau. En 1953, Walter poursuit les recherches et se demande si le schéma comportemental en réponse à ses stimuli dépend des cultures auxquelles appartiennent les cobayes. Et arrive aux résultats que quelque soit la culture d’origine, l’individu ajuste sa réaction selon les bénéfices qu’il en retire, si cela lui est agréable ou pas (Walter 1953). On peut en déduire que puisque les notions d’agréables, de confort et de bénéfices retirés dépendent de notre éducation, des normes véhiculées par notre société, et de l’inconfort inhérent à la prise de conscience du regard de l’autre, le lâcher-prise menant à la transe est potentiellement accessible à tous, mais se contrôle inconsciemment ou pas selon l’image que l’on a de soi. Autre question, que se posent Watson et Davidson en 1957 : « Est ce héréditaire ? » : la sensibilité au flash light semble suivre des schémas familiaux, de transmission génétique, donc il y aurait des familles plus sensibles aux stimuli que d’autres.

Ces expériences pionnières posaient déjà les jalons, d’une thérapie possible par la transe, du fait que nous sommes tous potentiellement apte à vivre des états modifiés de conscience et que de façon héréditaire, certaines familles sont plus sensibles aux stimuli. Ce pourrait-il que dans certaines cultures ces facultés aient été plus encouragées que dans d’autres, donc plus facilement transmises génétiquement alors que dans d’autres plus occidentales et judéo-chrétiennes, au contraire ces mouvements intérieurs et extérieurs aient été plus généralement refrénés ? Aujourd’hui, une multitude de terrains ethnographiques montrent des situations d’initiation interculturelle dans lesquelles les comportements des initiés répondent aux attentes indigènes quelque soit l’individu engagé dans une telle démarche.

Corine Sombrun, une des premières françaises à avoir été initiée au chamansime mongol avec transe au tambour, témoigne de ce phénomène et va plus loin dans son « entraînement » quand il a fallut qu’elle se passe de son tambour : « Maintenant mon cerveau connaît le chemin ». Elle a ainsi pu participer à un programme d’étude du professeur Flor-Henry et son équipe de l’Alberta Hospital d’Edmonton au Canada, expérience d’imagerie cérébrale en Etat Modifié de Conscience sans tambour pour pouvoir rester calme avec les électrodes sur sa tête et entrer dans les appareils d’imagerie. Elle s’est entrainée de nombreux mois avant pour être capable de se concentrer et entrer en transe sans les percussions du tambour, juste parce que son cerveau connaissait déjà le chemin. (Flor Henry, Sombrun 2017). D’année en année, elle a été initiée par une chamane mongole et a poursuivi son apprentissage de la maitrise de la transe. Depuis le jour où elle a tapé sur son premier tambour et hurlé comme le loup qu’elle voit en vision, elle est passée par différentes phases d’adaptation de sa pratique. La chamane mongole Enkhetuya lui a donné les clefs du chamanisme mongol que Corine a su ajuster à ses propres conceptions du monde (Merli 2004, 2005, 2010 ; Sombrun 2004). Aujourd’hui, elle réussit à entrer en transe sans tambour ni costume et se prête volontiers à des expériences scientifiques. L’équipe du professeur Flor-Henry a étudié le cerveau de Corine en état de veille normale tout d’abord, puis en état de transe. Ils ont constaté qu’elle ne souffrait d’aucune pathologie à l’état normal. En revanche, les tracés de l’encéphalogramme en état de transe étaient ceux d’une personne souffrant de schizophrénie, de troubles bipolaires et de dépression grave. Les trois pathologies d’un seul coup. Et retour à la normale, en dehors de la transe. Les chercheurs sont enthousiastes à l’idée de pouvoir observer un aller-retour entre des états normaux et pathologiques, dans le même cerveau et dans un intervalle de temps assez bref. Serait-il alors possible d’envisager un aller-retour en sens inverse ? Si on arrivait à identifier ce processus qui mène d’un état normal à un état pathologique, on pourrait imaginer que des personnes atteintes de troubles pathologiques retrouvent un état normal. Pour l’instant, aucune conclusion ne peut être tirée de ces expériences si ce n’est que l’observation des zones du cerveau activées confirme, notamment, que la transe active fortement les zones sensorielles perceptives, c’est à dire une stimulation des cinq sens et de l’intelligence perceptive. Ces conclusions, même balbutiantes, prouvent déjà, et c’est une avancée, que le chamane n’est pas seulement un acteur mimant une action culturellement codifiée, mais que la transe a une réalité physiologique et cérébrale tangible.

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Ces dernières années, il a également été démontré que l’entrainement régulier à la méditation pouvait s’observer objectivement dans le cerveau et même qu’une certaine élasticité du cerveau permettait à celui-ci de se modifier selon les habitudes de son propriétaire. D’autres recherches ont montré que les percussions du tambour, du hochet ou de la guimbarde, comme certaines techniques du corps, permettaient également cet accès à un état de conscience modifiée. Les bienfaits psychiques et physiques de ces techniques sont à l’honneur dans de nombreuses publications qui enfin admettent que l’esprit peut soigner le corps et que la détente du corps apaise l’esprit… et vice versa (cf Clervoy, 2018).

Depuis les années 1960, l’ouverture d’esprit et les changements de mentalités font que de plus en plus de personnes sont prédisposées à vivre l’aventure de la transe. Selon les époques, le chamanisme s’est vu transformé dans les perceptions occidentales. D’abord, perçu comme « une sorte de religion diabolique et sauvage » à la fin du XVIIe siècle, il a connu diverses interprétations jusqu’à nos jours, où la tendance est à l’expérience vécue et au développement personnel et spirituel créant de véritables processus de subjectivisation. La figure du chamane n’incarne plus, désormais, la marginalité et la folie, mais au contraire la sagesse, la connaissance, la créativité, la singularité toute connectée. De la contre-culture des années soixante-dix à l’actuelle déferlante New Age, avec les succès de Carlos Castaneda et de Michael Harner, le chamanisme s’est popularisé ; non plus comme un système de représentations et de pratiques indigènes à étudier ou à combattre, mais comme un système originel et universel, singulier et subversif adapté à notre vingt-et-unième siècle.

La conception moderne et occidentale du chamanisme pour soi développé par Michael Harner   fondateur à la fin des années 1970 de la Foundation for Shamanic Studies prône un core shamanism, c’est à dire un chamanisme essentiel, dépouillé de toutes contingences culturelles Un ensemble de techniques psychocorporelles expérimentées et éprouvées sont enseignées lors de séminaires, de festivals ou de rassemblements chamaniques un peu partout en France, en Allemagne et en Suisse. Les stagiaires sont initiés au voyage chamanique mais c’est l’animateur organisateur du stage qui joue du tambour pour des d’élèves allongés au sol en totale immobilité. La conception même du voyage chamanique au tambour est alors complètement renversée. On peut parler de Voyage Inversé, dans lequel ce n’est plus le chamane qui voyage mais bien le patient à qui le chamane ouvre un monde dans lequel il va lui-même trouver les réponses à son mal-être, trouver de la force, de l’énergie, des ressources… Le voyage au tambour popularisé par Michael Harner dans son chamanisme universel implique la construction d’une cosmologie interne, personnelle et subjective mais qui va au-delà de soi dans une vision du monde unifié et connectée à plus grand que soi. Les différentes techniques retenues comme le voyage chamanique au tambour, la rencontre avec les animaux de pouvoir, l’extraction et le recouvrement d’âme sont très proches des thérapies dites humanistes, des visualisations guidées et de l’hypnose. Les stagiaires sont invités à s’allonger sur le sol, les yeux bandés d’un foulard et de se laisser emporter par les percussions du tambour. La consigne est simple, pour un voyage dans le monde d’en bas : s’imaginer dans un lieu de nature, connu ou imaginé, à partir duquel, en vision intérieure, repérer un passage dans la terre, une grotte, souche d’arbre, source, trou dans la terre ou dans un arbre qui permette d’emprunter un tunnel, un boyau, un canal qui débouche sur un autre monde, celui du bas qui pareillement au monde du milieu, celui de notre réalité ordinaire, peut comporter le ciel, les océans, les montagnes et toutes les merveilles du monde réel et plus encore puisque tout est possible dans la fantaisie visionnaire de chacun. Les stagiaires peuvent expérimenter le monde d’en haut en s’élevant dans les airs, en visualisations, pour accéder de la même manière à une autre dimension, intérieure ou extérieure à soi, qui permet d’accéder à un espace virtuel de possibles infinis. La deuxième consigne, pour un voyage au tambour classique pour aller rencontrer son animal de pouvoir, par exemple, va être de chercher ou de laisser venir un ou plusieurs animaux et de vivre somatiquement, dans son corps et ses perceptions, le voyage, les paysages, les rencontres avec des entités animales ou féériques. Les témoignages sont riches de détails et de ressentis : visions colorées de paysages et de mondes divers, visions d’animaux existants ou imaginaires, visions d’entités à formes humaines ou incarnant des divinités ou autres entités, fusion avec les animaux ou avec les éléments (eau, air, feu..), changement de forme corporelle, télépathie ou discussion avec les entités, sensations de déplacements (voler, ramper, courir, nager, couler …) et de vitesse.

Dans les témoignages recueillis, les animaux les plus courants (loup, ours, cerf, lion, baleine, dauphin, aigle, serpent…) servent de moyen de locomotion pour partir explorer ce monde, et les sensations de fusion permettent de devenir loup, ours, dauphin, aigle… et de courir, nager, voler directement. Au bout d’une demi-heure à peu près, les battements de tambour vont adopter un rythme différent, signe qu’il est temps de « rentrer ». L’animateur va indiquer qu’il est conseiller de revenir par le même tunnel pour « remonter » au point de départ et enfin revenir reprendre contact avec son corps allongé « ici et maintenant ». Un moment d’échange permet au groupe de partager les expériences, de les interpréter, de les fixer aussi dans sa mémoire pour ne pas les oublier. L’animateur peu notamment donner une dernière consigne qui consiste à écrire ou dessiner à chaud tout ce qui vient d’être vécu.

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Les sens parlent de notre rapport au monde extérieur (vue, ouïe, odorat, toucher, goût) (Vigarello 2014) mais dans les expériences chamaniques, le sentiment de soi et de son intériorité, ne sont plus du sensoriel mais de l’ordre des perceptions, du ressenti et des images intérieures. Le corps chamanique est un corps habité, traversé, soit en plein, soit en creux qui se vit avec une conscience élargie de soi et du monde (des mondes) et dont chaque ressenti, perception et mouvement, intérieurs et extérieurs, sont interprétés pour donner forme à des cosmologies toutes personnelles et idiosyncratiques. David Le Breton note que l’individu éprouve son existence par les résonnances sensorielles et perceptives qui ne cessent de le traverser et surtout que toute perception est interprétation. Notre univers sensoriel est lié à notre histoire personnelle et à notre éducation (Le Breton 2007). Dans le chamanisme occidental, l’apprenti se construit sa propre cosmologie voire même sa propre légende par une succession d’interprétations de ses expériences cognitives et perceptuelles qui le fabriquent en tant que « chamane ». Les ressentis et les images intérieures associée à des techniques du corps et des mises en contexte (rituel, immersion en nature, contact avec les arbres…) créent de nouvelles réalités partagées, des mythes d’un nouveau genre puisqu’ils sont somatiquement vécus. Cette matière sensorielle, qui passe par le corps, les ressentis et les visions, accumulée dans un processus d’apprentissage va donner lieu à des interprétations, des échanges, des partages et constitue un capital chamanique que l’initié se construit au fur à mesure des expériences vécues.

Là encore, la différence avec le chamanisme traditionnel est de taille puisqu’on part du principe que tout le monde a accès au voyage et à la rencontre avec les esprits, alors qu’ailleurs, seul le chamane voyage entre les mondes. Les adeptes sont invités à mettre en pratique des techniques déjà reconnues pour faire des expériences chamaniques afin d’apprendre des choses sur soi et donner du sens au monde et à la vie. Le principe est de faire voyager la conscience pour entrer en communication avec les esprits, énergies, forces ou entités conçues comme porteuses de savoir.

En Mongolie, par exemple, mais cela reste valable pour la Sibérie et les Régions arctiques, le chamane utilise son tambour pour appeler les esprits à descendre dans l’espace sacré et ritualisé par l’intermédiaire de l’autel qu’il a pris le temps de préparer avec des offrandes. Les objets chamaniques, costume, tambour, mais également le corps du chamane lui-même deviennent réceptacles des esprits. C’est le premier mouvement centripète, qui va vers l’intérieur : Le chamane appelle, dans un mouvement qui va de l’extérieur à lui et son patient, centre de l’attention rituelle. Juste après cette « descente », c’est le mouvement inverse qui se met en place, centrifuge qui va vers l’extérieur quand l’agentivité du chamane se transporte vers des espaces éloignés (Spépanoff). A la suite de Charles Stépannoff, on peut nommer « espace réel » le lieu de la performance observable par l’assistance et « espace virtuel » les lieux postulés des actions qu’entreprend le chamane dans l’autre monde. Actions qui se matérialisent dans l’espace réel par les chants, musique et gestuelles du chamane.

La cohérence entre les deux lieux doit rester forte sinon les actions du chamane dans l’autre monde restent illisibles pour le public, s’il reste au sol gisant, perdu dans ses visions le rituel ne sera pas performatif. Il doit engager le public émotionnellement pour que le rituel soit un succès. Le rituel est une expérience collective dans lequel les participants accomplissent ensemble une opération d’imagination qui consiste à percevoir l’autre monde dans l’espace réel immédiat.

Les objets, costumes, et tambours participent à la narration. Tout ce folklore, cette gesticulation du chamane perçut comme diabolique chez les premiers observateurs renforce ce dispositif pour une participation cognitive et imaginative qui engage le public dans la performance. On comprends bien là déjà le lien avec l’hypnose, le chamane raconte une histoire, suggère des nœuds existant des dénouements possibles, des obstacles, des échecs et des solutions, des résolutions de problèmes et conflits.

Roberte Hamayon nous éclaire sur ce qui est virtuel en analysant la racine « Vir » que l’on trouve dans virilité et virtuel. Virilité est force et vigueur et virtuel, terme théologique qui se dit de ce qui n’est point proprement et précisément une certaine chose, mais qui en a la force et la vertu. (Hamayon 2015). Virtuel ne s’oppose donc pas à réel mais à actuel, ce qui est virtuel n’est pas vraiment la chose en question mais en garde les propriétés de force et de vertu. C’est exactement ce qui se vit en monde chamanique virtuel, le voyageur au tambour vit virtuellement des aventures qu’ils enregistre dans son corps avec les mêmes forces et vertus que si c’était réel. Les témoignages abondent en ce sens : « ce que j’ai vécu est plus réel que la réalité, j’étais vraiment un loup qui courait dans les bois ».

Dans le chamanisme occidental, que ce soit avec ingestion de plantes dites « enseignantes » ou transe induite par les percutions du tambour, une place fondamentale est donnée aux états modifiés de conscience conçus comme des espaces-temps parallèles, niveaux de conscience différents, champs énergétiques autres, dans lesquels ce contact avec les entités est possible. Les messages venant de guides spirituels ou directement de la Nature (Terre-Mère) conçue comme entité primordiale participent à un mouvement planétaire pacifique, enclin à l’Amour Universel, au respect de la nature et des animaux. Ces visions sont perçues comme des perceptions amplifiées d’une autre réalité et non comme des hallucinations, elles donnent des informations concrètes sur la manière de gérer sa propre vie, son rapport à l’autre et plus largement son rapport à l’environnement et à l’invisible. On parle alors d’enseignements qui viennent directement de la plante, des anges, de la Terre-Mère, d’entités diverses ou de la Source, entité originelle. Les visions issues d’autres plans de conscience ont fait émerger un art dit « visionnaire » qui peu à peu prend sa place dans les galeries d’art.

L’engouement que connaît actuellement le chamanisme en occident, peut s’expliquer par la liberté de culte que propose ce système de croyances. Sans cadre dogmatique, ni institution rigide, en opposition avec les religions à prêtre et hiérarchisées, ce système est vivant dans le sens où il s’autoproduit, il se régénère en adoptant des nouveaux éléments par accumulation d’expériences vécues. Le chamanisme attire l’homme moderne de plus en plus individualisé, qui se veut libre de ses opinions et de ses actes. La figure du chamane est elle-même symbole de liberté, marginalité, sexualité ambiguë. Il voyage hors de son corps et expérimente le rêve éveillé, effaçant toutes les barrières physiques et morales, fantasme du pur esprit libéré des contraintes matérielles. Il participe d’une nouvelle forme de spiritualité, alliant poésie, imaginaire, regard de l’enfance, perceptions corporelles et des emprunts aux cultures indigènes dans la volonté de renouer avec une certaine conception de la nature et du cosmos, et de redonner du sens à la vie occidentale et moderne en crise d’identité et d’idéologie.

Les peuples qui ont souffert de persécutions coloniales et idéologiques prennent leur revanche aujourd’hui, quand ils voient des étrangers du monde entier venir s’intéresser à leurs croyances prétendument archaïques. Aujourd’hui le chamanisme connaît un renouveau planétaire aussi bien chez les peuples chamaniques de tradition, où officiellement il avait disparu, que chez les Occidentaux qui se l’approprient. Les peuples à chamanes qui ont connu la colonisation ou la soviétisation et qui redécouvrent leurs traditions, revendiquent le chamanisme comme marqueur culturel et en même temps sont réconfortés dans la valorisation de leur culture puisque les étrangers sont de plus en plus nombreux à s’y intéresser. Loin de passer pour des incultes ou des sauvages, les chamanes et chamanistes de la planète se retrouvent idéalisés par une certaine population occidentale qui vient de loin apprendre d’eux ce que quelques décennies plus tôt d’autres Occidentaux tendaient d’étouffer. Le chamanisme se développe à grande échelle car la demande venant de l’Occident augmente et en même temps, de plus en plus d’Occidentaux viennent au chamanisme car l’offre « traditionnelle » se diversifie. Il devient aujourd’hui très facile d’aller faire un stage chamanique en Mongolie ou ailleurs. Les chamanes traditionnels eux-mêmes veulent cette ouverture pour une meilleure harmonie sur la planète et entre les peuples, une prise de conscience écologique, un meilleur respect des ressources naturelles… Un groupe de chamanes mongols vient en France chaque année depuis deux ans participer au Festival du Chamanisme fondé par le Cercle de Sagesse des Traditions Ancestrales. Ils ont eux-mêmes organisé un rassemblement en septembre 2015 en Mongolie pour inviter les délégations du monde entier dans une grande cérémonie collégiale pour la Terre-Mère. Les chamanes mongols ont de plus en plus d’apprentis occidentaux, ils veulent partager leur savoir et pensent sincèrement que le chamanisme doit se propager au plus grand nombre. Les avantages financiers apportés par ces nouveaux apprentis ne sont pas négligeables et c’est aussi un moyen de voyager en Europe puisque souvent les apprentis invitent leur « Maîtres » pour quelques séminaires et cérémonies dans leur pays d’origine. Internet, les réseaux sociaux, les voyages en avion de plus en plus facile ont définitivement fait entrer le chamanisme et les chamanes dans nos vies d’occidentaux.

Dans son action purement physiologique, si on ne prend pas en compte l’action éventuelle des esprits, le chamanisme est souvent rapproché des thérapies psychocorporelles (sophrologie, hypnose, relaxation, visualisations guidées). On a longtemps considéré le patient passif et seul le chamane actif sautant, s’agitant et virevoltant avec son lourd costume mais grâce aux récentes études sur le cerveau et les états modifiés de conscience, on peut dire que pendant le rituel auquel est soumis le client se joue en lui les mêmes mécanismes d’induction, de suggestions, de relaxation qui vont agir sur son inconscient, réduire les effets nocifs du stress, ouvrir à plus de possibilités, etc.

Le chamanisme en Occident participe de ce nouvel état d’esprit où l’esprit n’est plus dissocié du corps, il a influencé depuis longtemps le développement de thérapies telles que les constellations familiales ou l’Art-thérapie. Et aujourd’hui, il s’immisce dans les thérapies dites de troisième génération comme la méditation, la pleine conscience, l’hypnose médicale et la sophrologie. L’éventail des outils thérapeutiques s’est élargi car les possibilités se diversifient, les mentalités changent et la demande en matière de spirituel augmente. Grandit aussi le nombre d’Occidentaux qui souhaitent vivre plus en harmonie avec la nature, ne font plus confiance à l’industrie pharmaceutique, ni à l’industrie agro-alimentaire et veulent privilégier leur bien-être avant leur carrière. L’homme d’aujourd’hui, libéré des entraves d’une éducation judéo-chrétienne trop stricte peut expérimenter ce qui, quelques décennies plus tôt, était considéré comme marginal, totalement décrié ou infantile et peut enfin courir dans les bois, embrasser les arbres, hurler comme un loup, jouer à l’indien… Une nouvelle ère a débuté, lentement, mais sûrement et durablement. Demain, tous chamanes ? Peut-être pas, mais en tous cas le chamanisme est bien présent en Occident et offre de nouveaux possibles.

 

Laetitia Merli est anthropologue, réalisatrice de documentaires et thérapeute. Aguerrie aux recherches de terrain pendant de longues années auprès de chamans mongols et sibériens, elle s’est intéressée au chamanisme occidental qu’elle pratique aujourd’hui, synthétisant ses expériences anthropologiques et thérapeutiques. Elle est l’auteur du livre « De l’ombre à la lumière, de l’individu à la nation. Ethnographie du renouveau chamanique en Mongolie postcommuniste. » EPHE, 2010). Ses derniers films « Shaman Tour » (2009), « La Revanche des chamanes » (2011), « Aujourd’hui les chamanes » (2015) proposent une démarche de cinéma direct en caméra embarquée, au plus près des protagonistes, qu’elle nomme « balade phénoménologique ». Hypnothérapeute, elle a developpé une Hypnose au Tambour s’appuyant sur le voyage chamanique et les narrations thérapeutiques.

 

Bibliographie :

Andrieu, Bernard, 2011 Les corps participants, agence épistémique et écologie expérientielle dans les recherches en STAPS depuis 2000 », Staps, n°91, p. 77-86.

Baud, Sébastien (sous la direction de ) 2016   Anthropologies du corps en transes. Paris : Connaissances et Savoirs.

BRELET, Claudine 2002 Médecines du Monde. Paris, Robert Laffont, Bouquins.

Castaneda, Carlos 1998 (1968) The Teachings of Don Juan: A Yaqui Way of Knowledge. Berkeley: University of California.

CHAMBON, Olivier 2012 Psychothérapie et chamanisme. Paris, Editons Véga.

CLERVOY, Patrick 2018 Les pouvoirs de l’esprit sur le corps. Paris, Odile Jacob.

Favret-Saada, Jeanne 1977 Les mots, la mort, les sorts. La sorcellerie dans le Bocage, Paris : Bibliothèque des Sciences   humaines, Gallimard.

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(http://www.ethnographiques.org/2015/Hamayon- consulté le 25.01.2018)

Hert, Philippe 2012 Art, Anthropologie et corps : la réflexivité du chercheur… et celle du clown. Espaces réflexifs [carnet de recherche]. http://reflexivites.hypotheses.org/815.

Le Breton, David 2007 Pour une anthropologie des sens, Vie sociale et traitements, 4, n° 96, p. 45-53.

Luhrmann, T.M. 2009 How do You Learn to Know That It Is God Who Speaks ? in D. Berliner et R. Sarro (dir.), Learning Religion: Anthropological Approaches. New York : Berghahn, p. 83-102.

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Merli, Laetitia 2010 De l’ombre à la lumière, de l’individu à la nation. Ethnographie du renouveau chamanique en Mongolie postcommuniste, Paris : Ecole pratique des hautes études, Centre d’études Mongoles et Sibériennes, Coll. Nord-Asie.

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Vigarello, Georges 2016 Le sentiment de soi. Histoire de la perception du corps XVIe-XXe siècle, Paris : Seuil.

 

Biblio/Film/Vidéo/Multimédia de Laetitia Merli 

Tous les films sont en libre accès sur Viméo :

https://vimeo.com/user18012360/videos

2016 : Aujourd’hui les Chamanes (100’) – Film documentaire sur le chamanisme en France. Lauréat d’un appel à projet du Ministère de la Culture – Mission du Patrimoine – Culture Immatérielle.

2011 : La Revanche des Chamanes (55’) – Prix Mario Ruspoli (Ministère de la Culture) 2011 Diffusé sur Planète.

2009. Shaman Tour (63’) sur les interactions entre touristes et locaux sur un campement d’éleveurs de rennes dans la famille de la chamane Enkhetuya. Prix Mario Ruspoli 2010. Distribué en DVD par le CNRS Images, diffusé sur ARTE, Citizen TV (chaîne câblée), TV Suisse Romane TSR…

2005. La Quête du Son (53’). L’initiation chamanique d’une française en Mongolie.

Conférence « Voyages, migrations, errances » de l’Université de Bordeaux (juin 2005, Première) ; « Regards Comparés Mongols » au Musée de l’Homme, Paris (octobre 2005) ; Worldfilm Festival on Visual Culture, Estonie (mars 2006) ; EHESS projection du Réseaux SFAV (mars 2006) ; Colloque en Mongolie « Chamanisme et Nomadisme (juin 2006) ; Moscow International film Festival (septembre 2006), Festival International de films documentaires de Belgrade (Serbie, novembre 2006), Semaine Ethnologie et Cinéma à la MSH de Grenoble (février 2007), Royal Anthropological Institute Film Festival (RAI) à l’université de Manchester (juin 2007) …

2000. Call for Grace (30’). Présentation de la vie quotidienne d’un centre chamanique a Oulan Bator et de son chamane Tömör. Projet final du programme de MASTER en Anthropologie Visuelle. Mention spéciale au Royal Anthropological Institute Film Festival (2000). Bilan du film ethno, Musée de l’Homme ; Asian Society, New York ; Ethno film Festival, Moscou ; Worldfilm, Estonie …)

2007. Rituel Taivan Böö (2’). Rituel de l’arbre sacré par le chamane Taivan dans les environs d’Oulan Bator, capitale de la Mongolie. Document muséographique présenté sur une borne audiovisuelle en accompagnement d’un costume de chamane mongol exposé au Museum d’Histoire Naturelle de Toulouse.

2004. Chamanes en Ville (27’). Inauguration d’un centre chamanique a Oulan Bator par le jeune chamane bouriate Bayarbileg. Document de recherche présenté en séminaires.

2004. De la cure privée au rite collectif (15’). Festival de films sur la Mongolie « Regards Comparés Mongols » au Musée de l’Homme, Les Mercredis du Sacré, Musée de l’Homme, Musée Guimet, Musée Albert Khan…

Bibliographie

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2013b  « Sous le Ciel Eternel » in La Mongolie au fil du présent, Musée Albert Khan, Bernard Chauveau Editeur, Paris, 100-104.

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https://assr.revues.org/24657

Livre complet : https://www.academia.edu/31484964/De_lombre_à_la_lumière_-_Livre_complet

Aout 2009 : Géo Magazine, Numéro spécial « Guérisseurs traditionnels », Articles sur le chamanisme en Mongolie et sur le néochamanisme en Occident.

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2005. « Le renouveau du chamanisme en Mongolie post-communiste. Variations contemporaines », Religions et Histoire, Dossier spécial « Chamanismes. Vivre avec les esprits » dirigé par Roberte Hamayon, n°5, nov-dec, 63.

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